Carnet d'études

Comme son nom l'indique, Carnet d'études se veut le reflet de ma recherche créative tant en sculpture qu'en dessin. Il abritera surement aussi des poémes, chansons, pensées du moment et biensur, mes coup de coeur pour le travail d'autres artistes.

09 décembre 2007

Bnflowers

Il m'est arrivé à plusieurs reprises de présenter ici des musiciens découverts sur Bnflowers et dont la musique m'avait enthousiasmée. Il faut dire que le concept était sympa : les musiciens présentaient ce qu'ils faisaient, les internautes séduits par tel ou tel autre en faisaient la promo sur leur site, parmi leurs groupes d'amis, sur les forums qu'ils fréquentaient, par mail ou autre suivant l'imagination et les capacités de chacun. Puis, l'équipe Bnflowers a eu une idée géniale : créer le petit lecteur qu'on peut voir ici en haut à gauche qui permet à tout blogueur - si néophyte soit-il en informatique - de mettre sur son blog les musiciens Bnflowers qu'il aime et souhaite plébisciter.

Jusque là, tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes, sauf que...

Sauf que l'équipe Bnflowers à fait de son lecteur la seul façon de faire du buzz autour des musiciens de sa communauté, ce qui ferme déjà beaucoup d'options et de possibilités d'initiatives, qu'ils ont de plus instaurés un classement parmi les diffuseurs basé sur le nombre de sites dans lesquels ils intégraient le-dit lecteur, ce qui à mon sens plombe l'aspect "j'aime : je diffuse" au profit de "plus j'ai de site : plus je diffuse : mieux je suis classé : plus je suis connu". On perd le coté "bonheur de partager une découverte heureuse" au profit de la compétition et de la course au "toujours plus".

Dernier truc mais non des moindres qui m'a détourné de cette communauté : la disparition du forum au profit d'une foultitude de pages perso chacune propre à un musicien ou un diffuseur. Ben, ça a l'air bête dit comme ça, mais avec cette architecture, exit la sensation d'appartenir à une communauté, impossible de partager, de donner un retour, de se sentir entendu ou même seulement écouté.

C'est un peu triste, c'était une super initiative mais qui a tournée en eau de boudin en oubliant l'aspect communautaire pour faire primer la pensée individualiste.

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06 janvier 2007

Des valeurs fondamentales

Faisant mon petit tour du soir parmi quelques blogs, je suis tombée sur un billet des carnets de nuit dans lequel José s'interroge sur la démocratie et les étapes préalables à toute velléité de rédaction d'une nouvelle constitution, que ce soit pour la France ou l'Europe. Les questions qu'il émet, les axes de réflexion qu'il propose méritent qu'on s'y attarde. Son deuxième point en particulier (les valeurs qu'on voudrait comme bases de société) m'amène à donner mon avis.

Pourquoi, lorsqu'on évoque ces grands principes gravés au fronton des mairies que sont la liberté, l'égalité et la fraternité oublie-t-on presqu'invariablement de citer cette dernière? Sommes-nous à ce point égocentrique et étranger les uns aux autres que nous souhaitions avant tout faire ce que nous voulons et être aussi bien traité que n'importe qui mais sans nous soucier de qui est ce "n'importe qui", en l'oubliant même au passage?

Sans le sens de la fraternité, l'exercice par un individu de sa liberté peut vite tourner à l'utilisation ou pire, à l'oppression du voisin puisqu'on ne le prend pas en compte, sauf pour ce qu'on peut en tirer, vu qu'il n'est pas envisagé comme un "alter ego". Et sans ce même sens de la fraternité, qu'est-ce que l'égalité sinon une tentative de faire entrer tout le monde dans le même moule, au mépris de la spécificité de chacun et dans une monstrueuse volonté simplificatrice?

D'ailleurs, ce concept d'égalité me chiffonne assez dans ce qu'il évoque d'uniformisation et de non respect des besoins, goûts, aspirations, talents, particularités de l'individu. Je préfère, et de loin, qu'on parle d'équité, même si c'est un concept bien plus délicat à mettre en oeuvre de façon globale. C'est en faits ce qui lui donne sa pertinence à mes yeux : on ne peut ni penser ni agir l'équité en général mais uniquement au cas par cas et en étant attentif à l'autre. Être équitable suppose considération, respect et cet esprit de fraternité qui me tient tant à coeur.

Mais, au fait, qu'entends-je par "fraternité"?

Pour moi, c'est se rendre compte que nous appartenons tous à la même espèce, au delà de toute considération d'origine, culture, croyance ou autre, et donc, tous logés à la même enseigne ou embarqués dans le même bateau. Certes, chacun a des objectifs, besoins ou autre qui lui sont propres et qui peuvent entrer en conflit avec ceux du voisin, mais sitôt qu'on l'envisage comme un être humain au même titre que soi, on réalise que ses buts sont tout aussi légitimes que les nôtres et qu'on peut sûrement trouver un moyen de s'entendre et de marcher de conserve.

Bon, j'ai fait un sort à l'égalité et à la fraternité, mais quid de la liberté? Tout le monde en parle, l'appel de ses voeux, souhaite qu'elle lui soit garantie (par qui?) mais combien sont prêt à assumer la responsabilité qui est le corollaire de leur liberté? Car être libre suppose qu'on est seul maître de ses actes et donc pleinement responsable de leurs retombées, fussent-elles bénéfiques, néfastes ou plus simplement neutres. Pourtant, dans ce monde où chacun se veut libre, qui n'est pas tenté, quand les choses tournent mal, de dire en substance "c'est pas moi, c'est l'autre", voir même de renier l'autonomie qui va de paire avec la liberté en se réfugiant derrière l'autorité d'un parent, d'un supérieur hiérarchique ou d'un individu comme vous et moi mais à qui on prétend déléguer notre pouvoir en le bombardant "responsable politique"?

J'ai quelque peu digressé sur le sujet initiale. Pour résumer je dirais que la société que j'aimerais pour moi et mes enfants après moi reposerait sur la fraternité, l'équité et la responsabilité (devant soi-même et en regard de l'autre).

Posté par Sylene à 23:30 - idées, avis et opinions - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 décembre 2006

Thierry Crouzet a l'art de me faire réfléchir, parfois "à l'insu de son plein gré", tout simplement en abordant des sujets qui en font résonner d'autres plus ou moins reliés, directement ou indirectement.

C'est le cas, par exemple avec la couverture de son prochain livre. Une couverture de livre, bah, c'est anodin, pourrait-on se dire. Oui, mais non. Une couverture, c'est le packaging du livre, c'est ce qui le fera vendre ou pas, au même titre qu'un emballage fera vendre plus une bouteille de lait que celle d'à coté.
Sur le net, ce qui fait la visibilité, c'est l'interconnection et ce qui fait l'interconnection, c'est la pertinence du contenu. Dans le monde physique*, ce qui fait la visibilité, c'est l'emballage, quelque soit la valeur du contenu.

Le truc qui m'a interloquée, au dela de la qualité graphique moyenne des couvertures sur lesquelles il demande à ses lecteurs de donner leur avis, c'est la façon dont il les a mises en page dans son billet.
Je m'explique.
Les diverses couvertures proposées ont un fond blanc, de même que le blog sur lequel elles sont présentées. La conséquence directe, c'est qu'on perd le sens des limites de l'image et qu'on ne peut donc pas en apprécier la composition. Certe, ça complique la tache pour ce qui est de se faire une idée claire afin de livrer une critique fondée et constructive. Pour ma part, je ne m'en suis rendue compte qu'en extrayant une des images de la page, ce qui m'a permis de voir que je m'en étais fait une idée fausse, croyant la composition plus aérée et dynamique qu'elle ne l'est en réalité. Mais surtout, tant la mise en page que l'absence de commentaires pointant ce léger défaut sont révélateurs de notre manque de sensibilisation et de lucidité vis à vis des images, de leur impact et de son importance.

On vit dans une société submergée d'images qui ont par nature un impact bien plus rapide et profond que des argumentaires construits. Cet impact est dû principalement à une raison simple : une image est ressentie comme l'évidence incontestable là où l'argumentaire appel le contre-argument, le dialogue, la remise en question. Tant qu'on ne concevra pas l'image ou l'emballage comme une forme d'argumentaire particulièrement subtile, on n'aura pas l'idée d'aller en décortiquer la logique et de lui opposer notre réflexion. Combien d'entre nous accepteraient un discours quelqu'il soit sans y réfléchir, ne serait-ce qu'un minimum? C'est pourtant ce qu'on fait avec les images (c'est d'ailleurs un des fondements du marketings et de la façon dont sont organisés les rayons des hypermarchés).

A mon avis, une des choses importantes à faire pour quiconque tient à son autonomie et à sa liberté de penser, c'est de se demander, face à une image et au delà du sujet affiché, quel message on souhaite nous faire intégrer, ce que nous disent la composition, les couleurs, les choix marketing. Comment le regard est-il guidé? Vers quoi? Questionner le non-dit, le sous-entendu.

couv3Pour en revenir aux couvertures proposées par Thierry, voici celle qui me semble la plus satisfaisante parmis les quatre proposées.
Comme on le voit, le titre est quasiment plein centre, ce qui donne une impression monolithique et statique, là où le 5eme pouvoir est quelque chose qui émerge, qui est multiple, mobile et extremement réactif. Si on veut refléter celà, il faut une composition qui ne capture pas le regard au centre de la page mais qui lui permette d'y circuler. Il faudrait donc mettre le titre au tiers supérieur de la page avec un petit contrepoids dans le coin inférieur droit. On aurait ainsi deux lignes de force ("Essai" et le sous-titre sur la première diagonale, le logo de l'éditeur et le titre sur la deuxième) allant de bas en haut.

Un designer de métier aurait surement bien plus à dire et à proposer, mais bon, on fait ce qu'on peut.


*je n'aime pas l'expression "vraie vie" : qu'on parle ou agisse dans la rue ou sur le net, on est toujours aussi vivant et l'action ou la parole sont toujours aussi réelle. Simplement, dans un cas, c'est physique et dans l'autre, c'est éléctronique.

Posté par Sylene à 11:49 - idées, avis et opinions - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 septembre 2006

L'usine

Deux mois à travailler en usine, à la chaîne... L'horreur.
S'il est une chose que cette expérience ne m'a PAS apporté, c'est de nouvelles compétences à mettre sur mon CV. Par contre, entre l'impossibilité de faire quoi que ce soit de constructif et le vacarme ambiant qui empèche toute communication avec les gens, ça m'a donné l'occasion de pas mal réfléchir sur - entre autre - la place de l'usine dans notre société.

Déjà, première constatation. Qu'est ce qui dans notre environnement quotidien n'est pas produit en usine? Les produits frais qu'on achète au producteur, les objets de fabrication artisanale, l'immobilier. C'est à peu près tout. En gros, tout notre mode de vie actuel repose sur la production en usine. Constatation affligeante s'il en est.

Deuxième constatation. Dans une usine, les gens sont des employés, c'est à dire des gens dont l'entreprise se sert et non pas des ouvriers, c'est à dire des gens qui oeuvrent. Chacun est affecté à une tache répétitive et une seule pendant 7 heures par jour avec seulement une demi heure de pause pour manger quelque chose sur le pouce. Pas la moindre stimulation, impossible de se régénèrer en variant les activités ou au moins le décor qu'on a sous les yeux, interdiction de prendre des initiatives, même pour aider un collègue qui peine ou qui a pris du retard. Tout est fait pour nier l'aspect vivant et créatifs des gens et le pire, c'est que ça marche! J'ai vu des gens qui y travaillaient depuis 30 ans sans remettre le système en question alors que ça avait été leur première impulsion!

Troisième constatation. L'usine ségmente l'individu en le focalisant sur un seul aspect de la fabrication du produit. Untel va se servir uniquement de ses doigts pour un même geste répèté ad nauseum, un autre va solliciter uniquement ses épaules, un troisième, son dos, etc. Aucun ne participe à l'ensemble du processus de fabrication. De là, un sentiment de tache inutile, sans fin, sans but. De là aussi, des douleurs, déséquilibres musculaires et autres problèmes de santé au bout d'un certain temps. L'usine transforme des hommes et femmes libres en tristes esclaves des machines.

Quatrième constatation. Les taches étant minimalistes, il suffit à un individu d'un quart d'heure pour apprendre à les effectuer. Passé ce temps d'apprentissage, les capacités cognitives de la personne sont abandonnées à la friche.

Cinquième constatation. Les employés d'usine sont répartis en équipes dont les horaires de travail alternent d'une semaine sur l'autre. La raison de cette organisation est de permettre à chacun de disposer de matinées et d'après-midi, ce qui à première vue est une bonne chose. Cependant, quand on y regarde de plus près, on s'aperçoit que changer de rythme de vie d'une semaine sur l'autre ne permet pas au corps de s'adapter et fait accumuler une énorme quantité de fatigue. De plus, impossible de s'engager dans des activités extérieurs régulières (entre autre l'éducation de ses enfants) sans en manquer la moitié. L'absence de stabilité pour un individu se répercute sur tout ce qui l'entoure.


Conclusions. De ce que j'en ai vu, l'usine telle que conçue actuellement est néfaste. A cela, deux solutions : modifier les fondements de notre société de façon à ne plus avoir besoin de produits fabriqués à la chaîne ou revoir en profondeur le fonctionnement de l'usine.

Un pas vers la première solution consiste à refuser de soutenir ce mode de production en n'achetant pas ses produits et en n'y travaillant pas. Resterait à trouver des modes de production alternatifs pour les véhicules (y compris les vélos et transports en commun qui bien que moins polluants que les voitures et motos restent produits à la chaîne), vêtements, ordinateurs, mobilier, blanc brun et j'en oublie.

Quelques pistes pour la deuxième solution : divers politiciens ont proposés d'instituer 6 mois de travail au service de la société pour les 18-25 ans. Je trouve l'idée telle que proposée inacceptable, par contre, on pourrait demander à tout citoyen de travailler une semaine par an dans l'usine la plus proche de chez lui pour une rémunération horaire identique à celle qu'il percevrait là où il exerce habituellement son métier ou au smic s'il est actuellement sans travail. Resterait à inciter les employés d'usine actuels à entreprendre une formation afin d'aquérir un métier et des compétences diversifiées.
Une autre idée consisterait à prendre à bras le corps les divers problèmes piontés dans cet article. Pour les horaires, les rendre fixe et recruter les gens en fonction des plages horaire qui leur conviennent et des besoins de l'entreprise, éventuellement en rémunérant plus les horaires les moins populaires (si les heures de nuit comptent double, les heures d'après-midi/soir devraient compter une fois et demi). Pour la répartition des gens dans l'usine, donner à chaque équipe la responsabilité du bon fonctionnement de celle-ci avec des objectifs à atteindre mais sans chef désigné, la responsabilité s'étendant aussi bien à la production qu'à l'aspect administratif ou commercial de l'entreprise. Ainsi, chaque équipe s'organiserait à sa façon en fonction des capacités, besoins et désirs de chacun. Afin de motiver les gens, le plus efficace serait que chacun soit associé dans l'entreprise, ainsi, tous se sentent personnellement responsable du bon fonctionnement de celle-ci et de ses résultats.

Tout celà paraîtra peut être utopique ou irréaliste, mais de plus en plus de sociétés commencent à fonctionner sur ce dernier shéma avec de très bons résultats aussi bien au niveau comptable qu'humain.

Posté par Sylene à 13:33 - idées, avis et opinions - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

26 juin 2006

Urbanisme, pollution, etc

Autant je suis globalement d'accord avec les idées développées par Thierry Crouzet sur son blog, autant son dernier article, Retour à la ville m'a quelque peu fait tiquer.
Il part du postula que "Quitter les villes, revenir à une vie pastorale, serait le meilleur moyen de régler une grande partie des problèmes environnementaux." est une idée reçue, fausse qui plus est. Quant à sa fausseté, je suis tout à fait d'accord, par contre, là où je m'inscris en faux, c'est de laisser entendre que nombre de gens pensent qu'en vivant à la campagne nous polluerions moins. Et bien non, ceux et celles qui veulent aller vivre à la campagne ne le souhaitent pas pour moins polluer, mais bien pour vivre dans un environnement moins pollué que bien sûr ils contribueraient à détruire de par leur mode de vie citadin non adapté à la campagne, mais ce dernier point est bien souvent occulté quand on part s'y installer ou quand simplement on l'envisage.
Par contre, je suis tout à fait d'accord pour dire qu'il est temps que nous revoyons nos modes de vie pour trouver des façons de faire plus respectueuses de nous-même, des autres et de l'environnement, entre autre, revoir l'urbanisme pour faire la part belle aux piétons, vélos, rollers, etc et réserver la voiture pour les déplacements extra-urbains.

L'idée de ville écologique très dense qu'il propose ensuite me laisse assez dubitative. Autant, l'image qu'il suggère d'une ville aèrée, lumineuse, autosuffisance du point de vue énergétique, parsemée de jardins suspendus et de cascades est plaisante, autant l'idées d'y loger un maximum de citadins pourrait mener à pas mal de violence. En effet, quand les gens vivent entassés les uns sur les autres, l'aggressivité croit entre eux d'une façon dramatique. Il suffit pour s'en convaincre de tenter de dire "Bonjour" à un parisien. Neuf fois sur dix, il ne vous répondra pas et vous regardera comme si vous alliez l'agresser. J'en sais quelque chose, j'ai grandi à 30 minutes en train de Paris, dans une petite ville entourée de bois et de champs où on pouvait aller chercher son lait frais à la ferme du voisin pour son petit déjeuner. Et bien, j'y ai vu la densité s'accroître et les visages se fermer. Aujourd'hui, il me serait impossible de saisir le regard d'un passant sans le mettre extrêmement mal à l'aise. Trop de contacts avec les gens semble tuer la relation humaine, chacun ayant besoin d'un minimum d'espace pour ne pas se sentir envahi et donc pouvoir être accueillant.

Posté par Sylene à 13:49 - idées, avis et opinions - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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